Mélodyn | Mischa Blanos
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Mischa Blanos

Description

Né à Bucarest de parents russe et roumain, Mischa Blanos grandit dans un classicisme d’excellence. Sa mère est chanteuse d’opéra et il apprivoise le clavier bien tempéré dès ses sept ans. Au lycée, il dirige un orchestre d’une quinzaine de musiciens dont il compose le répertoire. Depuis ses 10 ans, il tourne dans toute l’Europe, en solo ou avec des opéras, beaucoup en Allemagne. Jusqu’à s’installer un an à Hambourg à 25 ans. Aujourd’hui, il oscille entre Bucarest et Berlin : il enregistre beaucoup dans un très bon studio de la première et profite de l’ébullition créative bien connue de la seconde.

Mais voilà. À 16 ans, à la découverte d’un vinyle de musique électronique, stupeur, le coup de foudre ne prend que quelques mesures. Il se met alors à tâter du logiciel musical Cubase, puis des synthétiseurs et bientôt des instruments modulaires. Petit à petit, la composition électro-acoustique prend le pas sur ses prouesses d’interprète. Où plutôt s’y mêle, acoustique et électronique, « parce que nous vivons dans les deux mondes. Quand on joue beaucoup de classique, on peut trouver des similitudes avec les arpèges, les motifs, les structures des morceaux de certains univers électroniques. » Il fonde d’ailleurs le projet techno Amorf avec les deux producteurs roumains Cristi Cons et Vlad Caia. En solo, ce qu’il considère comme sa signature sonore se dessine au bout de quelques années. Une musique au sein de laquelle il se sent libre : « mon corps fait partie du piano. Je continue d’explorer mon son, de me découvrir. C’est important de laisser son ego de côté pour suivre mon chemin musical sur une ligne claire. » Et déjà un concept s’ébauche, la composition en temps réel, qui inscrit son jeu de piano suspendu dans l’immédiateté électronique.

La sensibilité expressionniste de Mischa se révèle. Des expériences, des mots, la vie viennent d’abord, comme catalyseurs d’une imagination musicale sans fin. De jour comme de nuit, du réveil au studio en passant par le métro, la musique l’habite. Chaque fréquence est une histoire. Si elle vient d’une expérience, il faut l’avoir en tête avant d’improviser pour la faire naître en volutes autour de cellules de piano aériennes. Dans les ascensions harmonieuses de Blanos, qui prise autant le chaos fertile de la ville que les étendues montagneuses, la sérénité emprunte une ligne de crête entre spirituel et corporel, nous guidant « Des pas sur la neige » de Debussy aux improvisations jazz et electro d’E.S.T., de Bugge Wesseltoft et Henrik Schwarz aux expériences à cordes ouvertes de Brandt Brauer Frick. On pense aussi évidemment à Francesco Tristano ou à Vanessa Wagner et Murcof, autres figures d’InFiné, sur lequel Mischa a déjà sorti l’EP « Second Nature » en 2018, pour les dix ans du label, comme pour entamer un nouveau cycle.

Sur « Indoors », il explore notre époque dispersée et frénétique, sur laquelle il dépose la dualité de ses compositions floconneuses. Dans nos petits cocons standardisés, peu de place demeure pour l’introspection. ‘Chatting In 21st Century’, sur base de Bach, questionne notre capacité à échanger sans mots, à coup d’images et d’icônes, là où ‘Am Wired’ tente de percer la bulle de verre derrière laquelle nos téléphones et leurs caméras nous dissimulent, dans une mise en abîme vertigineuse. Des manies, ‘Habits’, avec lesquelles nous composons tous. Ailleurs, la chaleur du Rhodes nous rappelle notre humanité, comme sur l’after amoureux de ‘Two Sugar Cubes’ ou le doux piano de ‘Forebondings’. Alors le temps du calme vient, sur l’oreiller de ‘Pillow Talk’, avant de faire la fête sur les toits d’Hambourg, où accrocher un hamac entre les cheminées (‘Hammock On The Roof’). Mischa a vécu toute cette musique. Impossible de ne pas viscéralement la ressentir.


album

Indoors

label

InFiné

Release

20.09.19